Je vais enfin coucher sur le clavier le fruit de longues années de réflexion (et surtout d’écoute) sur les critères qui sont à la base de notre cher accent québécois. Ces critères n’ont rien de scientifique, quoique je crois réellement en leur exactitude. Il se peut que je reprenne ici (sans le savoir) des références déjà existantes ailleurs. Si c’est le cas, veuillez me pardonner le larcin idéologique. Ça confirmera non seulement que mon écoute fut juste, mais aussi que les grands esprits se rencontrent!
Règle no1 : la contraction
Je suis tanné = J’s’t'anné (ou j’su’tanné)
Qu’est-ce qu’il demande? = Qu’est-ce qu’y'd’mand’?
Cette veste-là n’est pas propre = C’te ves’là est pas prop’
Règle no2 : mutation du A en Ô (inconstant)
Je ne serai pas à la fête à Laura = J’s’rai pô à’ fête à Laurô.
Règle No3 : ajout du S entre TU et TI
Penses-tu que ta tirelire est tombée? = Penses-tsu que ta tsirelire est tombée?
Règle No4 : ajout du Z entre DI et DU
C’est dur à dire = C’est dzur à dzire.
Règle No5 : sonorité OI devenue OÉ ou OÈ (en désuétude)
Toi tu vas savoir ce que je pense = Toé* tu vô savoère c’que j’pense
* la présence du “toé” et du “moé” (pourtant perçue comme LA caractéristique de notre accent) est de moins en moins présente. Toi et moi sont prononcés “toua et moua”, sauf lorsque le locuteur est choqué ou irrité.
Règle boni : tonalité plus basse
Enfin, l’étape finale pour bien maîtriser l’accent québécois (comparativement à celui des Français du moins) est de diminuer sa tonalité d’au moins un octave.
À l’opposé, un Québécois qui tente d’imiter l’accent français aura davantage de succès en augmentant sa voix d’un octave également!